CHRONIQUE ONUSIENNE éditée dans la Lettre Hebdomadaire du Journal de Genève & Gazette de Lausanne www.jdg.ch
La grippe aviaire s’arrêterait-elle aux frontières de la Chine ?
Claudine Girod/Palais des Nations
L’Assemblée mondiale de la Santé s’est terminée samedi 24 mai 2008 à Genève. Sur quel bilan, telle est la question que l’on devrait se poser. Face aux menaces qui pèsent partout sur la santé, face à la remise en question du droit aux soins de qualité – en témoigne la votation du 1er juin dans notre bonne Helvétie… à laquelle le peuple suisse devrait heureusement répondre par un refus massif Le libre choix de son médecin ne relève-t-il pas pourtant de la première des libertés individuelles ? Parfois pour certains, c’est même une question de vie ou de mort.
Face au business de la santé, le quidam reste bien souvent hélas cantonné au rôle de victime des pratiques du lobby médico-pharmaceutique. Une réunion qui rassemble des délégués du monde entier pour se pencher sur les défis à relever en matière de santé publique, voici une démarche que l’on ne peut qu’applaudir. Seul petit hic : l’ostracisme que la communauté internationale applique à Formose depuis des décennies. Comme si la grippe aviaire et les autres virus s’arrêtaient aux frontières de la Chine continentale. Les émissaires de Taipei ont beau chaque année s’évertuer à attirer l’attention sur les conséquences de cette situation pour la santé mondiale, l’OMS – dirigée par une Chinoise, la Dr Margaret Chan, refuse toute entrée en matière sur une quelconque révision du statut de l’île.
La lettre du Président taïwanais Shen, le 11 avril 2007, n’y a rien changé. La doctrine onusienne ne souffre pas la remise en cause d’un monde hérité du 20e siècle qui, pourtant, appartient désormais au passé. Une seule Chine, point barre. A l’ONU, on ne parle pas du dossier taïwanais ; et ce, encore moins aux bloggers de service, perçus comme des menaces au sein du cénacle du siège européen des Nations Unies . Alors, voilà, reste à espérer que le virus H5N1 et ses acolytes aient la bonne idée de ne pas traverser la mer de Chine pour conquérir la Chine continentale et, depuis là, l’ensemble de l’Asie.
Certes, les Nations Unies pourront arguer du fait qu’existe une collaboration entre experts taïwanais de la santé et spécialistes de l’OMS. Il n’en demeure pas moins que, sur ce dossier ultrasensible, l’ONU fait preuve là aussi d’un déni de réalité géopolitique.

















