SousLesPavésLaPage

April 22, 2008

Bouteille à la Mère

Filed under: Agora, BLOGGING, DEUIL — citizenclo @ 3:44 pm

Maman est morte un lundi

Partie. Rideaux

La pièce est finie

 

Voilà un an, à la Saint-Jean

L’annonciation de la Maladie

Tu meurs

 

Une crabe-tumeur

Qui dévore ton poumon gauche

et, en deux mois, te fauche

 

Comment fabriquer un attrape-chagrin

Nathanaël et moi

Peur. En vain

 

La Mort qui pétrifie 

Et moi et nath, et nath et moi et nos soeurs de coeur

Sauve-qui peut sur le radeau de la terreur

 

Rideaux

Soleil indécent

Le jour de ton enterrement

 

Portes

Que j’enlevais, que tu posais, que j’entreposais

Mortes

 

Mais qu’est ce que cela veut dire avoir 20 ans et ne trouver que des portes fermées…

 

Rideaux

Rideaux que tu voulais coudre

Pour mon énième appartement, tu disais

 

Et de compter mes déménagements

Au risque de mettre le feu aux poudres

Corbillard

 

Noir

Corps en terre

Sacs d’os

 

Sacs

Au gré des vents

De ces adulescents parfois si énervants

 

Leurs Bugs, Bloggs, Blings, Web-bécassine te le concède

35 ans et toujours pas de machine-à-laver

Cela vaut bien la peine de lire Jankélevic

 

Fenêtres roses

L’envie m’aurait presque prise

de faire les vitres ce dimanche 

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin

 

Gardiens de nuit

Nuits sans fin

Nue

 

Et on ne mange plus

Et l’on s’en va

Loin vers les confins

 

Portes étranges

Couloirs malades. Lumière jaune

Quatrième étage de l’Hôtipal

 

Entre deux mondes

 

Fenêtres

Yeux gris

Bleu Mer

Et ton départ vient encore creuser la place des morts en nos vies

 

Mère coincée dans son lit

Enfants perdus sur les côtes d’Istrie

Une bouteille à la Mer

 

De retour au Pays des Corneilles

Alice, Veille-bien sur tes orteils

Oreilles 

 

Cimetière des Rois

Les chats aux abois

Le gardien aux aguets

 

Ta lettre, d’outre-Rhône, d’outre-tombe

Une bombe écrite au crayon de papier

A Pâques dernier

 

Une lettre pas signée

Et pourtant non déchirée

En poste-restante sur le lieu de toutes les batailles

 

Pleine de cette détestation dont sont seules capables, coupables, les mères avec leurs filles, les filles avec leurs mères

 

Lettre avortée

Lettre retrouvée

Plusieurs mois après

 

Dans une de tes boîtes à boutons

Guerre des boutons

Gueule de boutons

 

Tapis. Tes tapis

Tapis de tapis

Tapis dans ton indicible besoin d’être aimée

 

Je suis comme je suis

 

Un seul tapis aurait suffi

Un tapis-volant

Pour s’envoler au royaume des mots

 

Celui des morts peut bien nous attendre encore un peu

 

Et à nous deux, et à nous trois

A nos heures bohémiennes

De faire siennes

 

Ces quelques heures de douceur

 Brefs instants de bonheur

Au-delà de nos douleurs

 

Se rêver en voyageurs rebelles

Passeurs de témoin virtuel

Marieurs de mondes

 

D’un Ailleurs à l’Autre

Des bouteilles à la Mère

Sur la blogosphère de nos errances

 

Construire des ponts

Par-delà nos éMoiS

Vers Soi

Blog at WordPress.com.